Le Lycée Charles Péguy, avec Madame Lardeau, Madame Ambrosino et Monsieur Thiébaut, était présent au Club de l’économie du Journal La Provence. Un vrai débat autour de l’adéquation entre la formation et le monde du travail. Avec nos partenaires de l’ISMC, nous avons œuvré à rapprocher les mondes complémentaires de l’activité économique et de l’enseignement. Vous pouvez trouver l’article sur cette rencontre en suivant le lien ou dans le Journal d’aujourd’hui !

Petit dejeuner de l'economie au siege de la provence

Petit déjeuner de l’économie au siège de “la Provence”

Texte de l’article du Journal  © “La Provence”

Quelle place pour la culture dans le monde de l’entreprise et dans la sphère économique ? Le thème était ambitieux et a séduit les membres du Club de l’économie de La Provence, hier, qui recevait dans ses locaux le Petit déjeuner proposé par l’Institut supérieur de Marseille La Cadenelle dirigé depuis dix mois par Christophe Delporte qui posait d’emblée le débat par un exemple simple : “Le BTS Tourisme a été réécrit il y a 6 mois et la partie commerciale y dépasse l’enseignement des langues alors nos étudiants nous disent on nous apprend à vendre un territoire qu’on ne connaît plus.” Et hier les représentants des différents partenaires de La Provence ont multiplié les témoignages montrant l’intérêt de la culture dans le monde de l’entreprise.

À commencer par la politique de ressources humaines. “Orange va recruter 100 personnes dans les mois à venir ; il y adeux profilsqu’on recherche. D’abord pour l’installation de la fibre optique des personnes qui ont de fortes compétences techniques et même une culture de la technologie dans l’esprit s’ils ne l’ont pas dans la formation. On est d’ailleurs en train de monter une classe de filles avec l’Afpa. Ensuite pour les métiers de la relation client nous recherchons une posture différente du CV classique ; la capacité à avoir un relationnel posé, à se tourner vers les autres et dans ce cas les profils plus littéraires ont des atouts indéniables“, expliquait Vincent Parisot directeur de la communication du groupe dans le Sud-est. Même constat à la Caisse d’Épargne, où Frédérique Lelan, responsable de la formation, soulignait l’évolution de la politique de recrutement : “il y a quelques années nous étions très axés sur les formations de type commercial. Mais nous nous sommes rendu compte que dans les formations axées sur les secteurs bancaire, juridique et financier, il y a une perte de culture littéraire, avec des fautes d’orthographe très grossières. Or dans la relation clientèle ce que recherche un client ce n’est plus un produit car ils sont désormais très documentés mais un conseil, un contact et la culture au sens large joue un rôle.” Jean-Claude Heid, représentant l’Ordre régional des experts-comptables rappelait quant à lui la diversité de la clientèle de la profession, qui impose un sens de l’adaptation, à ces différents univers, favorisé par un niveau culturel élevé.

Les partenaires dressaient même un constat d’urgence, devant les lacunes de certains candidats. “J’ai eu récemment une rencontre avec des architectes, et certains de mes collaborateurs avaient du mal à dialoguer avec eux, sur des sujets plus larges que la construction” expliquait Michel Katsuraki responsable des grands comptes à Point P.

Mais cette exigence d’un niveau culturel minimum pour représenter l’entreprise est-elle compatible avec les besoins opérationnels des entreprises et la volonté des politiques de résorber le taux de chômage ? Bruno Huss délégué général de Solimut Mutuelle France Plus, témoignait du contraire : “quand on embauche on a besoin d’efficacité immédiate mais ces profils-là dans la durée vont manquer de recul et au bout de cinq ans il manque le petit plus qui ferait la différence.”

Un socle commun

La vraie question, pour le mutualiste qui lance actuellement avec AMU une chaire d’économie sociale et solidaire, est d’ “arriver à mettre davantage de culture dans les cursus.”

Stéphane Thiébaut responsable du lycée d’enseignement supérieur Charles-Peguy, évoquait ainsi un “socle commun de connaissances” à transmettre aux élèves, via notamment le système Votaire, mais aussi en s’adaptant au niveau culturel de chaque “apprenant”.

Et l’entreprise a son rôle à jouer dans cette évolution de l’enseignement. “Il faut aller vers une personnalisation des parcours et les stages peuvent être une opportunité de prendre le jeune tel qu’il est, un moment privilégié de rencontre entre l’entreprise et l’établissement scolaire. Ce qui bloque les titulaires de bac pro c’est la culture, l’appréhension du verbe.”

Et parfois l’entreprise peut aussi contribuer directement à cette “session de rattrapage” comme le soulignait Laurent Miralles en charge de la communication à La Poste. Le groupe Orange a ainsi mis 4 000 places de spectacles à disposition de ses 3 000 salariés pendant Marseille Provence 2013. “C’est un choix à condition d’avoir des événements qualitatifs, en proximité, et que ce soit un acte managérial“, résumait Laurent Parisot. La réglementation sur la formation professionnelle prévoit d’ailleurs désormais, rappelait Stéphane Thiébaut, “un socle commun de connaissance qui devra être proposé tous les six ans aux salariés et si ce n’est pas le cas les entreprises pourront être pénalisées. Cela peut être une ouverture passionnante entre le monde de l’entreprise et de la formation.”

La culture serait-elle décidément l’alliée du monde économique ?